24 juin 2012

Cosmopolis

Ce soir j'ai vu un film philosophique. Un film fin et brut à la fois. Un film que je n'oublierai pas. Qui m'a bluffée par son intelligence, sa froideur à la fois dans la mise en scène, le jeu des acteurs et les propos énoncés, des huis clos bien souvent, dans de longues tirades qui auraient pu m'endormir vu mon état de fatigue avancée, mais qui m'ont tenue en haleine jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle de ce film. Cosmopolis, de David Cronenberg. A Utopia Manutention bien évidemment.


Pas une seconde sans sens dans ce film. Même si on pense ne rien comprendre à l'histoire, à son contexte qui frôle l'absurde, on y retrouve pourtant tout ce qui questionne en nous. En cette société aussi. La fragile toute-puissance, la tour d'ivoire qui se révèle un château de cartes prêt à s'écrouler, évanescent comme la vie.

Pas de mépris dans ce héros méprisable comme on le pense au début. Une quête. Qu'il mènera jusqu'au bout, en une longue journée, dans son univers presque monolithique. Des rencontres, des moments réglés, mais tout cela soumis aux aléas du jugement dernier, qu'il recherche et trouve, sous une forme de Saint-Pierre de notre temps, comme on est amené à en croiser tous les jours dans la rue.

Un purgatoire ? Oui peut-être cette journée était le purgatoire. Peut-être est-il mort et ne le sait pas. Mort depuis bien longtemps à lui-même. Avide de sentir ce que les autres sentent chez lui, en lui, ce dont il se protège, puis auquel il s'expose, pour mieux vivre cet instant fragile. C'est mon interprétation. Pas de concession dans l'action quand elle existe. Du brut. Du vrai. Être ou ne pas être...

J'étais seule et c'était bien ainsi. Pas de pathos qui envahisse. Pas de parasite. Juste moi avec moi-même, accrochée à toutes les réflexions éclairées qui me traversaient l'esprit. Pas d'empathie émotionnelle possible envers cet anti-héros au look de mannequin. Juste une véritable synchronie avec sa recherche de lui-même.

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